À 23 ans, Hugo Vaubourg n’a pas créé sa start-up. Il a choisi de reprendre Ceramiq, marque textile vosgienne reconnue pour sa technologie innovante. Un pari assumé, construit pas à pas, avec l’accompagnement de la CCI des Vosges.

Si Hugo devait résumer son aventure en un mot, ce serait celui-ci : « un ultra-trail ». Un projet qui demande endurance, gestion de l’effort, capacité d’adaptation. Un projet qui ne se gagne pas au sprint, mais sur la durée.

Lorsqu’il évoque son parcours, Hugo Vaubourg parle d’un besoin de défi. « J’étais en alternance, ça se passait bien, mais il me manquait le goût du challenge : j’avais envie d’être aux manettes. »

Sportif régulier, coureur depuis trois ans, il découvre Ceramiq en tant que client potentiel. Un ami lui parle du short « incroyable » de la marque. Hugo veut l’acheter. Impossible : Thierry Heim, le dirigeant et fondateur, cherche un repreneur.

L’idée fait vite son chemin dans l’esprit d’Hugo. Il commence par un message envoyé un soir à Thierry sur Facebook. Puis un premier appel. Puis plusieurs rencontres. Le courant passe et le projet s’impose progressivement. Hugo est déterminé : « Je me suis dit : si je ne le fais pas maintenant, ce sera peut-être trop tard. »

Une transmission en confiance

Cette rencontre avec Thierry, ingénieur chimiste spécialisé textile de formation, est déterminante. « Lui a la vision technique, moi, j’ai la vision terrain du sportif. » Le passage de relais se fait naturellement.

Aujourd’hui encore, le dialogue reste ouvert. Hugo n’hésite pas à consulter son prédécesseur avant certaines décisions stratégiques. Pour éviter de reproduire des erreurs, mais aussi pours’appuyer sur l’expérience accumulée. « C’est précieux. Ça permet d’avancer plus vite et plus sereinement. Bien plus qu’un coureur dans un marathon, Thierry, c’est le coach qui t’aide à tenir la distance. »

Il faut dire qu’Hugo, seul aux commandes, gère en même temps la logistique, la production, la création graphique et le développement commercial. Son ambition est claire : développer la technologie Ceramiq, renforcer sa visibilité, structurer la marque sans se disperser. « En voulant être partout, on finit par être nulle part. »

Ceramiq équipe depuis dix ans la Fédération française de kayak. La marque a même été présente aux Jeux Olympiques. Pour Hugo, le potentiel est là. « Ce n’est pas juste une marque vosgienne. C’est une marque avec un vrai avantage technique. »

Un accompagnement structurant

Très tôt, Hugo décide de se faire accompagner par la CCI des Vosges. Le premier rendez-vous sert à tester la solidité du projet. « Avoir une idée, c’est bien, mais il faut voir si elle tient la route. »

La CCI l’aide à structurer son business plan, à construire son prévisionnel, à rencontrer les bons interlocuteurs. Mais sans faire à sa place. « Si tu veux reprendre la boutique, c’est toi qui dois le faire » lui dit sa conseillère, Lorène Lacercat.

Un équilibre qu’il apprécie entre accompagnement et autonomisation. Car à 22 ans, face aux banques, le doute aurait pu s’installer. Mais selon lui, l’âge est un faux obstacle. « Quand on arrive avec un dossier solide et qu’on anticipe les questions, il n’y a pas de raison. »

Deux établissements sur trois acceptent de le suivre. Hugo se sent légitime. Peut-être parce que le projet lui correspond. Et grâce à Lorène, il obtient également un soutien de Vosges Initiative, une garantie de prêt via France Active, ainsi qu’une aide complémentaire dans le cadre d’un concours dédié à l’entrepreneuriat des jeunes.

Reprendre plutôt que créer

À 23 ans, reprendre une entreprise n’est pas un réflexe courant. Beaucoup parlent de création, d’innovation, de nouveauté. Hugo assume une autre logique. « J’avais peur de créer quelque chose et que ça ne prenne pas. Ce qui me faisait peur, c’était les fondations. »

Avec Ceramiq, les fondations existent déjà : une technologie développée par son fondateur, une notoriété installée, une communauté fidèle. « Je partais avec une base solide, c’était rassurant », confirme Hugo.

Alors, pourquoi la reprise reste-t-elle encore peu envisagée ? « Peut-être parce qu’à l’école, on nous apprend à créer, pas à reprendre » analyse Hugo. Reprendre permet pourtant d’aller plus vite, de s’appuyer sur une notoriété existante, d’économiser des années d’investissement.

À celles et ceux qui hésitent, Hugo adresse un conseil simple : « Se renseigner, matérialiser l’idée, comprendre pourquoi on hésite. »

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