Reprendre une entreprise après 10 ans de salariat : Sébastien Roux passe de l’autre côté du comptoir
Pendant plus de dix ans, Sébastien Roux a travaillé dans la boucherie qu’il dirige aujourd’hui. En octobre 2024, il en reprend les rênes. « Le Comptoir des Viandes » est né. Une transition progressive, construite dans la confiance avec le cédant et accompagnée par la CMA de région Grand Est.
Chez Sébastien Roux, l’envie d’entreprendre ne date pas d’hier. « Depuis que je travaille, depuis que j’ai 20 ans, j’ai toujours voulu avoir mon entreprise à moi. »
Avant la boucherie, il travaille dans la restauration. Une allergie au poisson et aux crustacés l’oblige à changer de voie. Il rejoint alors la boucherie qu’il reprendra plus de dix ans plus tard. Très tôt, la question de la transmission est évoquée avec Claude, son employeur : au moment du départ à la retraite, une reprise est envisageable.
L’idée ne naît donc pas d’un déclic soudain. Elle s’installe dans le temps, au croisement d’une opportunité concrète et d’une envie plus ancienne. Au fil des années, Sébastien apprend le métier, s’ancre dans l’entreprise, construit une relation de confiance avec Claude.
Lorsque le moment arrive, la décision est déjà mûrie. La reprise se passe donc sans rupture. Sébastien connaît la boutique, les clients, les fournisseurs. Claude reste disponible et les échanges se poursuivent si nécessaire. Une continuité précieuse pour franchir le cap sereinement.
Cette continuité compte aussi du côté du cédant. Transmettre son entreprise n’est jamais neutre : il faut accepter de passer la main, et surtout « trouver quelqu’un en qui on peut avoir confiance », analyse Sébastien. « Et ce n’est pas si simple. »
Dans ce contexte, transmettre à un salarié présente un avantage évident : il connaît déjà l’entreprise, son fonctionnement, ses clients. Une base de confiance qui sécurise la transmission et facilite le passage de relais.
Changer de statut sans repartir de zéro
Même avec dix ans d’expérience dans l’entreprise, devenir dirigeant change la perspective. « Les derniers mois avant la reprise ont été particulièrement intenses », raconte Sébastien. Il faut se projeter, mesurer la charge, accepter la responsabilité, car une fois lancé, le quotidien s’élargit. Au travail en boutique s’ajoutent la gestion, l’administratif, le démarchage, les devis, les factures. Autant de dimensions moins visibles lorsqu’on est salarié.
Très vite, Sébastien comprend qu’il ne pourra pas avancer seul. Sur les conseils de Claude, il se tourne vers la Chambre de Métiers et de l’Artisanat de région Grand Est. Structuration du projet, prévisionnels, échanges avec les banques, démarches administratives, identification des aides mobilisables : l’accompagnement de son conseiller est concret. « Je ne savais pas forcément par où commencer. Il m’a aidé à structurer le projet. »
Au-delà de l’aspect technique, il lui apporte aussi le recul nécessaire pour prendre les bonnes décisions. Même lorsqu’on connaît bien l’entreprise et son dirigeant, il faut prendre le temps de poser les choses, de vérifier, d’anticiper. « Bien plus que de simples conseils, j’ai bénéficié d’un accompagnement complet », résume Sébastien. « Ça rassure. On sait où on va. »
Reprendre pour s’appuyer sur l’existant
Dans le cas de Sébastien, la reprise s’est imposée comme une évidence pragmatique. Tout était déjà en place et ce socle lui a permis de se concentrer sur l’essentiel : faire tourner l’entreprise, maintenir la qualité et faire évoluer progressivement certains aspects, sans tout remettre en question.
Avec le recul, Sébastien Roux ne regrette donc pas son choix. Bien au contraire. Mais il reste lucide sur ce que cela implique et ne minimise surtout pas l’engagement que représente une reprise. « Il ne faut pas y aller à la légère. Il faut être prêt à s’investir. »
Sébastien insiste aussi et surtout sur ce que cela apporte : la satisfaction de travailler pour soi, la reconnaissance des clients, le sentiment d’avoir prolongé quelque chose.
Aujourd’hui, l’entreprise compte deux salariés et une apprentie. Son épouse a rejoint l’activité et sa fille y prépare un CAP boucherie. Ce qui était au départ un projet personnel est devenu, au fil du temps, une aventure familiale.
À ceux qui hésitent, son conseil est simple : ne pas rester seul, se faire accompagner, prendre le temps de structurer son projet. « Et, lorsqu’on connaît déjà l’entreprise, ne pas sous-estimer cet avantage. »
Reprendre l’entreprise dans laquelle on a grandi professionnellement, ce n’est pas repartir de zéro. C’est prolonger une histoire déjà bien entamée. Encore faut-il oser franchir le cap. Comme le montre le parcours de Sébastien, savoir s’entourer au bon moment peut tout changer : les conseillers de la CMA et des CCI de votre région accompagnent les entrepreneurs dans leur projet de reprise, étape par étape.
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