Reprendre une entreprise en difficulté : risque ou opportunité ?
La reprise d’une entreprise en difficulté peut sembler périlleuse au premier abord. Pourtant, elle représente aussi une formidable occasion de relancer une activité, de sauvegarder des emplois et d’acquérir des outils de travail à un coût souvent plus accessible. Encore faut-il bien comprendre les différents niveaux de difficulté possibles et savoir comment aborder un tel projet sans se mettre en danger. Faisons le point !
En août 2025, on dénombrait plus de 68 000 défaillances d’entreprises françaises. Baisse du chiffre d’affaires, dettes, tensions de trésorerie… Les raisons pour lesquelles ces entreprises ont rencontré une zone de turbulence sont nombreuses. De façon générale, certaines parviennent à se redresser, d’autres finissent placées sous procédure collective.
Si ces situations inquiètent souvent les repreneurs, elles représentent aussi une source d’opportunités réelle pour celles et ceux qui savent les analyser et s’entourer. Reprendre une entreprise en difficulté, ce n’est pas seulement acheter une société « malade » : c’est avant tout identifier un potentiel, une équipe, un savoir-faire ou un marché à relancer.
Mais pour réussir, encore faut-il comprendre ce que recouvre la notion d’entreprise en difficulté, pourquoi il peut être judicieux de s’y intéresser et comment sécuriser sa démarche.
Les différents niveaux de difficulté
Vous vous en doutez, toutes les entreprises en difficulté ne sont pas logées à la même enseigne. Avant toute décision, il est donc essentiel de distinguer les différents stades possibles, du simple ralentissement économique à la liquidation judiciaire.
1. Les difficultés économiques « préventives »
Il s’agit d’entreprises encore viables, mais fragilisées par des tensions passagères indiquant les points à améliorer : baisse de la rentabilité, retards de paiement, perte de clients clés, ou management en transition. Ces structures n’ont pas encore franchi le seuil critique de la cessation de paiements, mais nécessitent une action rapide.
Pour le repreneur, c’est souvent le moment idéal : la relance est encore possible, les équipes sont en place et les outils de production fonctionnels. Une reprise « préventive » permet d’intervenir avant que la situation ne s’aggrave, avec un potentiel de rentabilité rapide.
2. Les entreprises en redressement judiciaire
Lorsqu’une entreprise ne peut plus faire face à ses dettes, le tribunal de commerce peut ouvrir une procédure de redressement judiciaire. L’objectif est clair : sauver l’activité tout en apurant les dettes sur plusieurs années.
Dans ce cadre, la cession à un repreneur est souvent envisagée pour préserver les emplois et maintenir l’activité. Le grand avantage ? Le repreneur rachète uniquement les actifs et non les dettes. Cela permet de repartir sur des bases saines, à condition d’élaborer un projet solide et crédible.
3. Les entreprises en liquidation judiciaire
Ici, le redressement n’a pas été possible. L’entreprise est dissoute, mais ses actifs (machines, brevets, fonds de commerce, marque, fichiers clients…) peuvent être repris séparément. Cette forme de reprise, souvent appelée « reprise d’actifs isolés », s’adresse plutôt aux repreneurs expérimentés. Elle demande une évaluation fine du potentiel des biens, de leur valeur réelle et de leur compatibilité avec votre propre projet entrepreneurial.
Pourquoi reprendre une entreprise en difficulté ?
Reprendre une entreprise en difficulté, ce n’est pas « jouer les pompiers » : c’est d’abord anticiper l’avenir différemment, en saisissant une occasion de relancer un modèle existant, à un prix d’acquisition parfois très inférieur à celui d’une entreprise en bonne santé.
Mais ce n’est pas le seul atout d’une reprise dans un tel contexte : on bénéficie aussi d’un savoir-faire déjà en place, d’une clientèle déjà constituée et d’un ancrage territorial. Autant d’éléments qui accélèrent le retour à la rentabilité, à condition de piloter habilement la phase de relance.
Concernant la notion de territoire, il sera aussi question pour le repreneur de sauver des emplois, maintenir une activité locale et redonner du sens à un projet économique. Or, cette dimension sociétale compte beaucoup pour les réseaux d’accompagnement, les collectivités et même le financement. En effet, des dispositifs spécifiques peuvent faciliter l’opération (comme les aides à la reprise d’entreprises en difficulté).
Enfin, reprendre une structure fragilisée est l’occasion d’actionner un levier réellement stratégique. Pour un entrepreneur déjà implanté, cela peut donner lieu à une opération de croissance externe intelligente : récupérer une part de marché, accéder à une technologie, renforcer sa présence régionale, ou encore absorber un concurrent. Dans d’autres cas, c’est une occasion d’entreprendre à moindre risque financier initial, tout en valorisant son expertise managériale.
La reprise en pratique : choix et précautions
Vous l’aurez compris, ce type de reprise exige un pilotage rigoureux. Entre la phase d’analyse, les négociations avec le mandataire judiciaire et la relance opérationnelle, mieux vaut avancer avec méthode !
Avant tout, vous devrez évaluer si la difficulté est structurelle (marché en déclin, modèle obsolète) ou conjoncturelle (crise passagère, erreur de gestion, perte temporaire de clients). Et notez bien ceci : seule une entreprise encore viable mérite une reprise. En ce sens, vous devrez vous pencher sur la cause principale des difficultés, la qualité des équipes, la fidélité des clients et fournisseurs, mais aussi l’état du matériel ou des locaux.
Ensuite, vous pourrez conduire un audit approfondi, en gardant à l’esprit que celui d’une entreprise en difficulté est plus complexe qu’un audit classique. Il doit de toute façon intégrer des éléments essentiels comme le niveau d’endettement et les créances en cours, les engagements sociaux et contrats de travail, la situation fiscale et juridique ou encore la réputation de l’entreprise (notamment en ligne). Parmi les principaux points de vigilance à prendre en compte, comptez les dettes cachées ou non déclarées, la perte de confiance des partenaires, la charge émotionnelle d’une reprise sous tension, et la capacité de financement du besoin en fonds de roulement. Enfin, s’entourer d’un avocat spécialisé en procédures collectives et d’un expert-comptable sera indispensable à cette étape.
Pour finir, notez qu’il vous faudra anticiper les risques et la relance, car comme vous vous en doutez, le rachat ne s’arrête pas à la signature ! La véritable réussite se joue surtout dans les six à douze mois qui suivent. Définissez dès le départ un plan de relance : repositionnement commercial, restructuration, communication interne, mais aussi accompagnement des équipes.
Reprendre une entreprise en difficulté, c’est accepter un défi exigeant, mais souvent porteur de sens et d’opportunités. À condition d’être bien accompagné, méthodique et lucide, cette démarche peut se révéler aussi rentable qu’enrichissante. Que vous soyez motivé par la relance d’une activité, la sauvegarde d’un savoir-faire ou la conquête d’un marché, n’hésitez pas à contacter la CCI ou la CMA de votre région : nos conseillers spécialisés en transmission-reprise vous guideront pas à pas vers une reprise réussie et durable !
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