Quand on pense « transmission d’entreprise », on imagine souvent des notaires ou des avocats. Pourtant, la question implique bien d’autres acteurs, comme les conseillers spécialisés de votre CCI ou de votre CMA. Azzedine Ait, Responsable cession-transmission à la CCI Marne Ardennes, nous éclaire sur ce rôle essentiel.

Azzedine Ait, responsable cession-transmission à la CCI Marne Ardennes
Azzedine Ait,
responsable cession-transmission

Que vous soyez cédant ou repreneur, vous l’ignorez peut-être mais votre CCI (Chambre de commerce et d’industrie) ou votre CMA (Chambre de métiers et de l’artisanat) est avant tout un organisme facilitateur. Cela signifie qu’elle ne se contente pas de répondre à vos questions, mais qu’elle ouvre des portes, fluidifie les démarches et vous guide à chaque étape.

Concrètement, ce rôle se décline en trois volets complémentaires. D’abord, sensibiliser les entrepreneurs à la reprise comme une véritable opportunité et une alternative crédible à l’entrepreneuriat. Ensuite, proposer un accompagnement pas-à-pas et sur-mesure aux cédants et repreneurs tels que vous, dans la structuration de leur projet. Dans un troisième temps, vous mettre en relation avec les bons partenaires au bon moment, tout en permettant au monde des cédants et au monde des repreneurs de s’entrecroiser. Voyons en détail comment cela se traduit sur le terrain !

1. Sensibiliser : la reprise, une opportunité trop méconnue

Dans l’imaginaire collectif, entreprendre rime souvent avec créer, et cela peut se comprendre. Les start-ups, concepts innovants et autres “boîtes” ex nihilo marquent bien plus facilement les esprits qu’un établissement existant. Et pourtant ! Une entreprise existante est une voie tout aussi valable et peut s’avérer plus sécurisante qu’il n’y paraît. « Beaucoup de porteurs de projets en France ignorent qu’ils pourraient reprendre une activité existante et bénéficier d’une base solide », souligne Azzedine Ait.

C’est là que les conseillers CCI et CMA interviennent : ils ouvrent le champ des possibles et rappellent que l’entrepreneuriat ne se limite pas à l’invention d’un produit ou d’une marque.

Côté cédants, la sensibilisation consiste à les aider à anticiper la cession, en structurant leur entreprise pour qu’elle soit “présentable” et attractive.

Côté repreneurs, il s’agit de leur montrer qu’il existe un marché d’entreprises à reprendre, souvent plus accessible et moins risqué que la création pure.

2. Accompagner : un suivi sur-mesure pour cédants et repreneurs

Une fois la sensibilisation réalisée, les conseillers consulaires passent à l’action en proposant un accompagnement adapté à chaque profil.

Pour les cédants, il s’agira d’un diagnostic complet de l’entreprise (fonds de commerce ou parts sociales) et d’aide à la valorisation (estimation de la valeur à afficher). Le prix final sera bien sûr le fruit de la négociation entre cédant et repreneur, mais le conseiller fournit des repères indispensables.

Pour les repreneurs, l’accompagnement consistera surtout en un appui dans le montage du dossier, l’élaboration du business plan, la recherche de financements ou encore la vérification de la faisabilité. Autant de leviers qui permettent d’éviter les erreurs de débutant et de sécuriser le projet.

Notez que cette approche se veut agile : un porteur de projet peut entrer dans le dispositif à n’importe quelle étape. Que vous soyez au tout début de votre réflexion ou déjà en phase de négociation, la CCI ou la CMA peut vous apporter une aide concrète !

3. Mettre en relation : lever le voile sur le “marché caché”

Rien d’ésotérique dans cette notion ! En fait, le grand défi de la transmission reste la rencontre entre cédants et repreneurs. Les premiers veulent vendre mais ne savent pas toujours comment s’y prendre ni à qui s’adresser. Les seconds cherchent des opportunités, mais peinent à trouver les fameuses “pépites” disponibles. Ce décalage crée alors un marché caché, alimenté par la confidentialité et le manque de visibilité. C’est précisément ici que les conseillers jouent un rôle unique : ils facilitent la mise en relation, en toute discrétion et dans l’intérêt des deux parties.

Au-delà de ce “matchmaking”, les CCI et CMA ouvrent aussi leur réseau de partenaires : notaires, avocats pour la rédaction des actes, banques avec lesquelles des conventions existent pour accélérer l’étude des dossiers. Une valeur ajoutée considérable, que les opérateurs privés ne proposent pas.

La transmission-reprise en chiffres

Alors qu’un demi-million d’entreprises s’apprêtent à changer de main, la reprise s’impose comme un véritable levier de pérennité !

  • 49,5 % des entreprises nouvellement créées disparaissent au bout de 5 ans.
  • 80 % des start-ups nouvellement créées disparaissent au bout de 2 à 5 ans.
  • Seulement 37 000 entreprises ont fait l’objet d’une transmission en 2024 dans l’hexagone.
  • 500 000 entreprises pourraient être à céder d’ici 2030, suite au départ à la retraite de leurs dirigeants.

Vous l’aurez compris : vos conseillers CCI et CMA sont bien plus que des interlocuteurs. Ils sont vos facilitateurs, vos guides, vos relais de confiance tout au long du processus de reprise ou de transmission.

Et en 2025, une opportunité unique s’offre à vous : en Grand Est, grâce au soutien de la Région et des fonds européens, l’accompagnement proposé peut être pris en charge. Autrement dit : c’est le moment ou jamais de vous lancer et de bénéficier de cet accompagnement de proximité ! Contactez dès aujourd’hui votre CCI ou CMA pour savoir si vous êtes éligible et ainsi donner toutes les chances de réussite à votre projet.

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Sources :
Rapport de l’INSEE, Avril 2021
Ministère de l’Économie et des Finances, Juin 2025