D’ici 2030, près de 370 000 entreprises pourraient être transmises en France. Ce volume considérable confirme que la transmission d’entreprise n’est pas un sujet marginal, mais un enjeu structurant pour l’économie de nos territoires.

Aujourd’hui, 40 % des dirigeants envisagent de transmettre leur entreprise dans les prochaines années. Pourtant, le passage à l’acte reste limité.

Selon une étude récente de Bpifrance Le Lab, menée auprès de 5 000 dirigeants de TPE, PME et ETI françaises, en partenariat avec CCI France, CMA France et l’association C.R.A (Cédants et Repreneurs d’Affaires), 26 000 transmissions effectives ont été recensées en 2024, alors que le potentiel estimé est de 74 000 entreprises par an.

Ce décalage traduit des difficultés bien identifiées.

Une transmission encore trop peu anticipée

L’étude met en lumière plusieurs freins majeurs :

  • un manque d’anticipation,
  • des difficultés à identifier un repreneur,
  • des enjeux de financement,
  • et des freins humains, souvent déterminants.

Transmettre une entreprise, c’est en effet bien plus qu’une opération économique. C’est un moment de bascule, parfois difficile à préparer, où se mêlent enjeux professionnels et personnels. Au-delà de ces difficultés, les motivations des cédants éclairent une priorité essentielle. Selon l’étude, 48 % d’entre eux citent en premier lieu la pérennité de l’entreprise et la préservation des emplois.

Un chiffre qui rappelle que transmettre ne relève pas uniquement d’une logique patrimoniale, mais aussi d’une responsabilité vis-à-vis des équipes et du territoire. Sur le terrain, et notamment en Région Grand Est, ce constat est largement partagé : plus la transmission est anticipée, plus elle a de chances d’aboutir dans de bonnes conditions.

Un constat qui pose une question simple : vers qui les dirigeants peuvent-ils concrètement se tourner pour préparer cette étape dans de bonnes conditions ?

Des acteurs identifiés mais encore sous-mobilisés

L’étude souligne que les dirigeants identifient des acteurs pour les accompagner, parmi lesquels les réseaux consulaires (CMA et CCI) figurent en bonne place. Elle met particulièrement en lumière une attente forte : 85 % des cédants potentiels déclarent solliciter ou envisager de solliciter un accompagnement dans leur projet de transmission.

Parmi eux, un quart se tournent notamment vers des acteurs comme Bpifrance ou les chambres consulaires. Des chiffres qui confirment le rôle clé, dans notre région, de la CMA de région Grand Est et des CCI du Grand Est, dont les conseillers interviennent au plus près des entreprises et des réalités de terrain. Ils montrent aussi un enjeu majeur : mieux faire connaître ces accompagnements et inciter à y recourir plus tôt.

Le Grand Est en première ligne

La transmission d’entreprise ne se joue pas de manière uniforme sur le territoire. L’étude met en évidence des disparités régionales importantes, liées notamment à la structure du tissu économique et à la démographie des dirigeants. Certaines régions, plus industrielles ou plus rurales, sont mécaniquement plus concernées.

Le Grand Est fait partie de ces territoires particulièrement exposés. Une situation qui s’explique par plusieurs caractéristiques structurelles :

  • un tissu dense de TPE et PME,
  • une forte présence de l’artisanat,
  • un héritage industriel important,
  • et de nombreuses entreprises familiales.

Dans de nombreuses communes, notamment rurales, une entreprise transmise, c’est une activité qui perdure. À l’inverse, une entreprise qui disparaît, c’est souvent un savoir-faire qui s’éteint, des emplois qui s’en vont et un équilibre local fragilisé. La transmission dépasse donc largement la seule logique économique. Elle participe directement à la vitalité des territoires.

Transformer un enjeu en opportunité

Dans ce contexte, l’enjeu n’est plus seulement de proposer un accompagnement : il s’agit de le rendre visible, accessible et activable au bon moment pour les dirigeants. C’est précisément l’objectif du Pacte Transmission-Reprise, porté par la Région Grand Est, la CMA de région Grand Est et les CCI du Grand Est, et soutenu financièrement par le FEDER (Fonds européen de développement régional).

À travers leurs réseaux, les équipes accompagnent les dirigeants à chaque étape :

  • sensibilisation et information en amont,
  • diagnostic et préparation du projet,
  • mise en relation avec des repreneurs,
  • sécurisation du parcours.

Un accompagnement qui permet de lever progressivement les freins identifiés au niveau national, tout en répondant aux attentes concrètes des cédants : préserver leur entreprise, leurs équipes et leur ancrage territorial.

L’étude Bpifrance pose un constat clair : le nombre d’entreprises à transmettre va fortement augmenter dans les prochaines années. Sur le terrain, cet enjeu est déjà une réalité. Mais il constitue aussi une opportunité : celle de pérenniser des entreprises, maintenir des emplois et accompagner l’installation de nouveaux dirigeants. À condition d’anticiper, de s’entourer, et de s’appuyer sur les acteurs présents au plus près des territoires.

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Source :
Étude « Transmission et reprise d’entreprise : perspectives de marchés et facteurs clés de succès », Bpifrance Le Lab, Novembre 2025