Transmission-reprise : l’écosystème s’active et s’organise
Études, dispositifs, événements, conventions, témoignages : la transmission-reprise d’entreprise n’est plus traitée comme un simple « problème » économique à résoudre, mais comme un enjeu structurant du tissu entrepreneurial. Tour d’horizon commenté.
La transmission-reprise s’inscrit aujourd’hui dans un mouvement de fond largement documenté. Selon une étude de Bpifrance, relayée par L’Express Franchise, 370 000 dirigeants envisagent de transmettre leur entreprise d’ici 2030. L’article souligne que ces intentions concernent majoritairement des dirigeants de PME, souvent à la tête d’entreprises rentables, mais insuffisamment préparées à la cession.
L’étude met également en évidence un paradoxe récurrent : les projets de transmission existent, mais leur transformation en cessions effectives reste limitée, notamment dans les plus petites structures. Comme le résume L’Express Franchise, « transformer les intentions en cessions effectives » demeure l’un des principaux défis à relever, en particulier dans les TPE et PME.
Ces constats rejoignent ceux mis en avant dans le baromètre EY de la transmission d’entreprise. On y apprend notamment que 71 % des entreprises en France sont familiales et que plus de la moitié d’entre elles seront transmises dans les dix prochaines années, souvent dans un contexte de forte charge émotionnelle et patrimoniale. La transmission n’est donc plus un cas isolé, mais un phénomène massif, aux conséquences économiques et sociales majeures.
Des études à l’action
Études et baromètres posent un diagnostic. Reste à transformer ces constats en actions. C’est sur ce terrain que Bpifrance joue un rôle déterminant, non plus seulement comme producteur de données, mais comme acteur opérationnel de la reprise.
On le sait, le financement constitue à la fois l’un des principaux facteurs de fragilité des reprises et l’un de leurs leviers décisifs de réussite. Lorsque le baromètre EY rappelle que plus de 9 dirigeants sur 10 se déclarent satisfaits de leur transmission, à condition qu’elle ait été suffisamment anticipée et accompagnée, Bpifrance le traduit concrètement. Par le déploiement d’outils dédiés, comme le Prêt Croissance Transmission, ou par des actions de sensibilisation visant à mieux préparer dirigeants et repreneurs aux réalités économiques et financières d’une cession.
La reprise n’est ainsi plus présentée comme un acte de bravoure individuelle, mais comme un projet économique à part entière, nécessitant méthode, ingénierie et accompagnement.
Sur le terrain, une mobilisation coordonnée
Cette dynamique nationale trouve un écho très concret dans les territoires. La CCI Grand Nancy Métropole Meurthe-et-Moselle a par exemple organisé une soirée Transmission–Reprise réunissant dirigeants, repreneurs et partenaires spécialisés. L’objectif affiché était clair : rappeler qu’« une cession s’anticipe plusieurs années en amont pour maximiser les conditions de réussite », en abordant l’ensemble des dimensions du processus, de la valorisation à la recherche du repreneur. L’article souligne le rôle des experts mobilisés (avocats, notaires, conseils financiers), mais aussi l’importance des témoignages de dirigeants cédants et de repreneurs, venus partager leurs expériences, leurs doutes et les enseignements tirés de leur parcours.
Dans la même logique, le journal d’annonces légales Matot Braine revient sur la signature d’une convention entre le Medef Marne et le CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). Damien Signoret, président du Medef Marne, y rappelle que « trop d’entreprises disparaissent aujourd’hui faute d’avoir anticipé leur transmission », soulignant l’enjeu que représente la préservation de l’emploi et du savoir-faire local. Le CRA, de son côté, met en avant son rôle d’accompagnement de proximité, de la formulation du projet jusqu’à la concrétisation de la reprise.
Des contenus originaux pour en parler
Au-delà des dispositifs, notre veille met aussi en lumière la multiplication de contenus originaux donnant à voir la réalité humaine des transmissions. Le document publié par Walter France, à l’occasion du salon Transfair, en est une illustration marquante. À travers dix anecdotes vécues, Pascal Ferron, président de Walter France, et Stéphane Meunier, conseiller transmission à la CCI Paris Île-de-France, décrivent la reprise comme « un chemin jalonné de doutes, de rencontres improbables, de négociations décisives et de surprises ».
Ces récits rappellent encore et toujours que la transmission est avant tout un projet de vie. « Le prix n’est jamais le seul critère », souligne Pascal Ferron, insistant sur le poids de la confiance humaine dans les décisions de cession. Stéphane Meunier ajoute qu’un projet de reprise « demande patience, écoute et humilité », tant les dimensions psychologiques et culturelles sont déterminantes.
Ces formats longs, incarnés, témoignent d’un changement de regard : la reprise n’est plus abordée uniquement sous l’angle du risque ou de l’échec potentiel, mais comme une expérience entrepreneuriale à part entière, riche et structurante.
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